Alors que son nom embrase la toile de l'internet depuis maintenant quelques mois, c'est pourtant dans l'ignorance quasi-totale qu'est sorti l'album de Lana Del Rey. Celle dont le parcours musical et la bouche charnue fascinent et font parler serait donc déjà en fin de règne ?

Si Video Games et Blue Jeans m'avaient charmé, je pensais avoir à faire à une simple minette qui retournerait dans l'ombre une fois son moment de gloire passé. Mais la polémique sur ses performances live plus que déplorables et la propension qu'ont les gens à retourner leur veste plus vite que leur ombre m'ont convaincu de m'attarder plus que de nécessaire sur cette starlette lippue. Telle une biche égarée prise dans les phares d'une voiture, Lana Del Rey ne nous avait ainsi donné jusqu'à maintenant que moue boudeuse et air apeuré, la rendant un poil ridicule mais tout de même joliment attachante.
Mais avec Born To Die, Lizzy Grant - de son vrai nom- semble enfin assumer pleinement son nouveau statut d'icône bancale. 15 titres où la jolie Lizzy montre enfin l'étendue de ses talents et l'incroyable pouvoir ensorcelant de sa voix.
A la fois femme fatale à la voix éraillée dans Million Dollar Man ou petite fille enjôleuse sur Off to the Races, Lana Del Rey entretient le mystère autour de sa personnalité, naviguant dans un univers au spleen étouffant fait de bad boys tatoués, de couronnes de fleurs et d'amour déchu. Oscillant entre morceaux mélancoliques et mélodies plus percutantes, on ne peut que reconnaître l'implication de Lana del Rey, qui écorne ici brillamment son image de femme-enfant. Reste à gratter sous le vernis trop lisse pour se rendre compte que la jeune femme sait ce qu'elle veut et que les battements de cils et la moue triste cachent en réalité une poigne de fer.
Bien évidemment, l'album a déjà été incendié par les hauts pontes de la musique, fiers de leur science infuse (ça balance pas mal). Mais du haut de mon inculture musicale, je compte bien continuer à suivre encore quelques temps le parcours de la petite fille pas si chérie de l'Amérique.
Et pour l'amour du travail bien fait et de la mise en scène impeccable, le clip de Born To Die, réalisé par le talentueux Woodkid. A la fois romantiquement sombre et salement dur, un -très- beau moment.



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